
Concernant Ernest Théophile Enjalbert, on ne sait pas grand chose : ni date de naissance ni date de mort. Disons qu’il était un inventeur amateur de photographie. En 1882, il mit au point son fameux pistolet photographique. La même année, Jûles-Étienne Marey inventait – décidément – son fusil photographique. Pour le cinéma, on patienterait treize ans.
Certes, il y avait eu en 1858 le « Pistolgraph », appelé un temps « Pistol Camera ». Thomas Skaife, son inventeur, justifiait le nom évocateur de cet appareil : « Ce petit appareil est nommé pistolgraphe en partie en raison de sa forme, en partie en raison de sa taille, en partie en raison de son maniement quand on pistolgraphie un objet – en d’autres termes, quand on prend une photographie avec un éclair de lumière . » Pour ce qui concerne la forme, on nous permettra de douter (cf ill. en bas à gauche).
Avaient suivi le revolver photographique Thompson en 1862 (cf ill. en bas au centre), le photo-revolver de Jonte, en 1872 et le revolver photographique de Pierre-César Janssen, inventé pour photographier « le transit de Vénus devant le soleil », le 8 décembre 1874.
Bref, Enjalbert n’avait pas eu l’idée initiale, tant s’en faut. Du moins, son appareil était, de tous, celui qui ressemblait le plus à un revolver (cf ill. en bas à droite). Ce qui n’était pas sans inconvénient : « Le revolver photographique a le désavantage d’effrayer les personnes sur lesquelles il est braqué ; de plus, l’innocent photographe s’expose au désagrément d’une méprise de la part des agents de l’autorité. »
Pour entrer dans l’histoire, il faudrait à Enjalbert attendre encore sept années.
(Avec l'aide de Marion Pieuchard)
